Motivation au travail : continuer de bosser même quand vous n’avez aucune envie

Il peut être difficile de se motiver.

Essayer de maintenir un niveau efficace de motivation durant une tâche, un projet, ou encore pendant toute une carrière peut sembler compliqué. Naturellement, les humains que nous sommes ont une aversion pour les efforts persistants.

Peu importe le nombre de café que nous avalons dans la journée☕.

Comment peut-on continuer à faire un effort sans envie ?


C’est en m’inspirant des travaux d’Ayelet Fishbach, Professeur de sciences du comportement et de marketing à la Booth School of Business de l’université de Chicago, que j’ai exploré quelques pistes de réponses.

Pour une motivation sans faille, ces 2 micro techniques pourraient presque « faire le job à votre place » :

  • Fractionner les tâches de la journée en sous-objectifs ;
  • Viser un plaisir, et non un résultat.


Spoiler : les posters de motivation avec une phrase bateau du style « Keep Going » ne seront d’aucune aide.

Une capacité d’auto-motivation efficace est l’un des principaux éléments qui distinguent les gens très performants des autres.

La motivation, c’est quelque chose de très personnel. Ce qui VOUS fait avancer dans une tâche peut ne pas du tout fonctionner pour votre collègue ou pour moi.

Essayons de comprendre comment certaines habitudes prises avant de passer à l’action peuvent produire des résultats sur la motivation.

1. Fractionner les tâches de la journée en sous-objectifs

Beaucoup d’expériences comportementales ont montré l’importance de se fixer des objectifs.

Cependant, vouloir quelque chose dont le résultat semble lointain peut finalement s’avérer démotivant. C’est dans longtemps, c’est trop dur, c’est trop prenant, etc. Toutes les excuses sont bonnes pour abandonner avant d’avoir franchi la première étape.

Les ambitions abstraites telles que « je veux travailler dur aujourd’hui » ou « je vais faire mieux que le mois dernier » sont compliquées à définir, et à mesurer.

La solution : Essayer de quantifier un objectif, puis le diviser ensuite en sous-objectifs, et enfin en tâches.

Lorsque les gens travaillent pour atteindre un objectif, ils ont généralement une poussée de motivation au départ, avant de s’effondrer au milieu.

La routine ? Peut-être. Ce que les chercheurs observent, c’est que si vous divisez votre objectif en sous-objectifs plus petits (par exemple, des objectifs de vente hebdomadaires au lieu de trimestriels) vous aurez moins d’occasions de succomber à la routine.

Une autre stratégie à tester qui pourrait vous aider à rester motivé au travail : changer la manière de penser à ce que vous êtes en train d’accomplir.

Au départ d’une tâche, penser à ce que l’on a déjà accompli. Après la moitié, penser à ce qu’il nous reste à accomplir.

Lorsque l’on débute une tâche, comme devoir envoyer 100 e-mails, on a tendance à se motiver fortement pour avancer vite.

Ensuite, l’ennui s’installe, et la démotivation nous gagne.

Pour éviter cette phase, il suffit de se répéter « il me reste X mails à envoyer avant de passer la moitié ».

Puis, une fois les 50 premiers mails envoyés (et un café), continuer en pensant à l’inverse « il ne me reste plus que X mails à envoyer ».

Ça paraît bête, mais ça fonctionne !

C’est une technique bien connue par les enseignes utilisant des programmes de fidélité.

Au début d’un objectif (« vous avez déjà acheté 2 articles sur 10 avant votre cadeau »), les clients sont plus susceptibles d’acheter.

Proche de la fin (« plus que 3 achats avant votre surprise ») ces mêmes clients vont regagner en motivation, et consommer pour atteindre l’objectif.

Cette stratégie est donc plus adaptée aux actes communs, peu qualitatifs mais nécessaires (comme envoyer 100 e-mails à la chaîne, ou faire 50 pompes par jour).

Si vous cherchez à apprendre à mieux parler en public par exemple, cette tactique sera plus compliquée à mettre en œuvre.

2. Viser un plaisir, et non un résultat

Dans le contexte du travail, pas forcément évident de parler de « plaisir ».

Imaginez-vous accomplissant ce que vous demande votre boss chaque jour.

Bien sûr, vous le faites pour l’argent qu’il verse sur votre compte en banque chaque mois. Mais est-ce une motivation suffisante pour continuer une tâche répétitive en permanence ?

Vous allez probablement finir par faire le minimum syndical, sans évoluer.

La technique à essayer : se concentrer sur les éléments externes à votre tâche :

  • La satisfaction d’avoir terminé à temps ;
  • Pouvoir partir plus tôt du bureau et consacrer du temps pour vous ou vos proches car vous n’aurez pas du tout procrastiné et vous avez fini les tâches du jour en avance ;
  • Chercher à améliorer un processus, apporter une valeur supplémentaire pour le client ;
  • Exécuter des tâches répétitives en compagnie de collègues que vous appréciez, ou en écoutant un podcast, etc.

L’auto-sanction de la flemme est également efficace, si toutefois on a la rigueur de s’y tenir. La science a prouvé que ce mécanisme peut fonctionner, donc j’ai essayé 🤓.

Je vous donne un exemple perso pour illustrer ce concept de « sanction de la flemme ».

Étant un joueur de poker online pour le plaisir, et travaillant en freelance depuis chez moi, c’est hyper simple de basculer en 2 clics d’une rédaction d’article pour un client à ma partie de carte favorite.

Plusieurs fois, j’ai débuté des parties de poker en milieu/fin d’après-midi pour « faire une pause ».

Résultat : deux heure plus tard j’y suis encore, il est l’heure d’aller à mon entraînement, et l’article de mon client n’a pas avancé d’une ligne.

C’est frustrant, surtout quand je dois éteindre la partie de poker et me rendre compte que mon boulot n’est pas fini, que je n’ai plus le temps de le faire, et qu’en rentrant du sport je serai incapable de me concentrer suffisamment.

Alors la semaine suivante, je me suis forcé.

La sanction : « Si tu ne finis pas un article déjà commencé pour jouer au poker, pas de poker pendant 3 jours ».

J’ai fini tous mes articles, sans jamais être en retard. Et j’ai un peu moins joué au poker, mais au moins j’avais l’esprit tranquille pendant que je jouais.

🔮 Un article qui pourrait vous intéresser : Les 4 types de motivations

Ce que dit la science sur « l’aversion à la perte comme source de motivation »

Dans une étude menée en 2016(1), des scientifiques de l’université de Pennsylvanie ont demandé à plusieurs personnes de faire 7 000 pas par jour pendant six mois. Certains participants ont été payés 1,40$ pour chaque jour où ils ont atteint leur objectif, tandis que d’autres ont perdu 1,40$ s’ils n’y parvenaient pas.

Le second groupe a atteint son objectif quotidien 50 % plus souvent.

Que retenir de ces méthodes de motivation au travail ?

Dans un monde idéal, on serait en permanence dans une sorte d’état parfait, totalement concentré et plein d’énergie en réalisant toute sorte de tâche.

Alors que dans la vraie vie, qui plus est au travail où les résultats sont rarement immédiats, la motivation peut vite s’effriter.

Quand une baisse de motivation se produit, on peut alors tenter de faire appel à la motivation interne, ou externe, afin de continuer notre tâche malgré tout pour finir ce que l’on a commencé.

L’auto-motivation est l’une des compétences les plus difficiles à acquérir, mais elle est essentielle pour gagner en productivité et atteindre de meilleurs résultats en répétant cette habitude à long terme.

Sources :
(1) : Annals of Internal Medicine ;
Harvard Business Review, How to Keep Working When You’re Just Not Feeling It, 2018.



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