La procrastination est-elle une maladie ? Les scientifiques répondent

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« Encore un peu, et je commence à travailler ». Et d’un coup, 1 heure plus tard, la to-do list surgit sous nos yeux, oppressante et toujours aussi pleine.

Vous savez que vous devriez vous lancer dans ce projet ou cette tâche, la deadline approche, mais vous ne pouvez pas vous empêcher de le remettre à plus tard. Vous procrastinez.

Quand j’ai débuté mes recherches sur le sujet, une question me venait souvent à l’esprit : La procrastination peut-elle être considérée comme une maladie ? Voici la réponse.

L’essentiel à retenir :

  • La procrastination n’est pas considérée comme une maladie mentale ;
  • elle peut être due à des troubles comme l’hyperactivité, l’anxiété ou la dépression. La tendance au perfectionnisme être un facteur ;
  • il n’y a rien de mal à retarder une action pour la faire mieux. Cependant, remettre tout ce qu’on doit faire à plus tard de manière compulsive peut avoir un impact sérieux.

Certaines maladies mentales peuvent être à l’origine de la procrastination. Et inversement.

Commençons par rappeler ce qu’est la procrastination. C’est une habitude qui consiste à remettre à plus tard à peu près n’importe quoi. Procrastiner engendre des comportements tels que :

  • Sous-estimer le temps nécessaire pour faire quelque chose ;
  • Se rassurer en se disant qu’un travail bâclé fera l’affaire ;
  • Éviter une tâche importante (parfois par peur de l’échéance) en faisant ce qui est secondaire à la place ;
  • Se répéter que tout va bien si on le fait « plus tard » ;
  • Avoir du mal à prendre une décision ;
  • Ignorer une tâche importante, ou ne pas tenir ses engagements.

Sur le même sujet : La procrastination selon la science.

Occulter une tendance trop récurrente à procrastiner peut avoir des effets néfastes à long terme. Sur une carrière professionnelle, sur sa santé (remettre à plus tard la visite chez le médecin) ou encore ses relations personnelles.

Bien qu’elle ne soit pas une maladie, la procrastination fréquente et durable pourrait devenir un facteur de troubles mentaux plus sévères chez certaines personnes. C’est en tout cas ce que nous suggèrent plusieurs scientifiques.

Analysons leurs découvertes.

La procrastination peut être une maladie mentale

Les travaux de Robert Schachter, spécialiste en Procrastination

Psychologue et professeur adjoint de psychiatrie clinique à la Icahn School of Medicine (Mount Sinai – New York), Robert Schachter nous affirme qu’il existe de nombreuses causes de procrastination, y compris, dans certains cas, des problèmes de santé mentale.

L’une de ces maladies psychologiques est la dépression, dont les symptômes comprennent le désespoir, le sentiment d’impuissance et le manque d’énergie qui entraînent des difficultés à commencer ou à terminer une tâche.

Bien que la dépression soit la cause la plus évidente, dans certains cas, la procrastination peut être l’indice d’un problème sous-jacent. « La procrastination est l’un des symptômes que nous recherchons lorsque nous évaluons le trouble déficitaire de l’attention », explique Dr. Schachter. Si une personne est facilement distraite ou a des difficultés à rester concentrée sur une tâche, elle est naturellement plus susceptible de tergiverser.

Comme pour le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, certains traits tels que l’impulsivité et le fait d’être facilement distrait et mal organisé, contribuent à la procrastination et semblent se regrouper.

Schachter mentionne également l’anxiété comme cause de procrastination. Mais son rôle est complexe et fait l’objet d’un débat entre experts. Certaines personnes anxieuses ne tergiversent pas. Au contraire, l’anxiété de ne pas faire quelque chose peut pousser certaines personnes à être encore plus consciencieuses dans ce qu’elles font.

Quelles solutions ?

Les conseils sur la façon de gérer la procrastination ont tendance à se concentrer sur la gestion du temps et les compétences organisationnelles. C’est très bien pour les personnes qui ont des difficultés dans ces domaines.

Moins procrastiner : Essayez la méthode Make Time pour prioriser vos tâches et noter vos efforts quotidiens.

Mais cela n’aide pas une personne qui procrastine pour d’autres raisons. Qu’il s’agisse d’un problème de santé mentale, comme la dépression, ou peut-être de la peur de l’échec, il faut s’attaquer à la cause, plutôt que d’essayer d’appliquer un modèle unique pour résoudre la procrastination régulière.

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